« Positions pour la lecture »

« Positions pour la lecture »

 

Promenades

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(textes, articles)

De façon profonde, la lecture a vécu une véritable mutation ces dernières décennies. Internet, la disparition brutale du temps long, la dispersion des attentions dans les réseaux,…et par ailleurs, une métastase de livres dans la confusion des édités et autoédités,… Le contexte de la lecture, son sens, ses enjeux ont changé. L’auteur pose un regard méditatif, parfois corrosif, souvent enchanté sur cette pratique fragile qui est de passer du temps à lire…de la littérature.

Il rassemble ici des réflexions au fil de ses expériences d’écrivain, d’animateur d’atelier d’écriture, de lecteur, de critique, d’éditeur,…

Daniel Simon a publié une vingtaine de livres (poésie, théâtre, articles, essais, récits, nouvelles), anime un blog littéraire ( http://je-suis-un-lieu-commun-journal-de-daniel-simon.com/), directeur de collection chez Couleur livres (Je, la collection des récits de vie et témoignages) et a créé les Editions Traverse en 2014. Vit à Bruxelles.

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sortie le 14 septembre 2019

(en librairie ou chez l’ éditeur )

 

 

exposé, rencontre, lecture

EXPOSITION PHOTOS « LIVRES ET LECTEURS EN LIBERTÉ »

EXPOSITION

Du 3 septembre au 19 octobre.

En voiture, debout dans le métro, dans son lit ou aux toilettes, le dos bien calé ou le coussin sur le ventre, il existe autant de manières de lire que de lecteurs. L’écrivain schaerbeekois Daniel Simon a photographié des lecteurs dans leur position favorite.

En lien avec l’exposition, une rencontre autour de son livre « Positions pour la lecture” (Éditions Couleur livres) sera proposée, en compagnie de l’auteur Kenan Görgün, Daniel Simon y pose un regard méditatif, parfois corrosif, souvent enchanté sur cette pratique fragile qui est de passer du temps à lire… Des articles, des notes, des réflexions au fil de ses expériences d’écrivain, d’animateur d’atelier d’écriture, de lecteur, de critique, d’éditeur…

 

Vernissage le samedi 14 septembre à 13h, présentation du livre à 13h45.

Bibliothèque Sésame

200 Boulevard Lambermont Laan

1030 Schaerbeek

Organisateur

Bibliothèque Sésame, médiathèque

02/240.43.70

bibliotheque@schaerbeek.irisnet.be

http://www.mabiblio.be

Bibliothèques de Schaerbeek

Autre organisateur ou précision complémentaire

Traverse asbl

http://je-suis-un-lieu-commun-journal-de-daniel-simon.com/

Type d’activité

Exposition

Littérature / Ecriture

Prix

Gratuit – Entrée libre

Public

Tout public

Adultes

 

Nouveau cycle d’ateliers d’écriture à Schaerbeek 2019-2020

Traverse asbl et Bibliothèques de Schaerbeek

          Récits, histoires et cie…fictions du samedi

à la Bibliothèque 1001 pages

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 Quand ? Le samedi de 13h30 à 16h30.

  • 10 séances par cycle (les cycles sont indépendants) :

1er cycle : 19, 26/10 – 9, 16, 30/11- 7, 14/12 (2019) – 11, 18, 25/01(2020),

2ème cycle : 8 – 15/02 – 7, 14, 21/03 – 25/04 – 2, 16, 30/05 – 6/06 2020

Accompagnements, commentaires, lectures de vos nouvelles, récits et fictions, Écrire à partir de soi des histoires courtes  ou longues, et faire de l’intime une histoire à transmettre. L’asbl Traverse vous propose non seulement d’apprendre et d’expérimenter l’art du récit, mais aussi de concrétiser vos propres projets d’écriture. Tous les niveaux d’expérience sont accueillis.

Où ? Bibliothèque Mille et une pages (Place de la Reine, 1 à 1030 Schaerbeek – 02/240.32.80)
Combien ? 150 € par cycle, à verser sur le compte: BE81 0682 1443 7624 de Traverse ASBL (payables en 3 fois)

Les ateliers sont animés par Daniel Simon : écrivain, éditeur, animateur d’atelier d’écriture-  Renseignements/inscriptions : Daniel Simon, 86/14, avenue Paul Deschanel

à 1030 Schaerbeek   –    Tél. : 02/216.15.10 ou 0477/76.36.22
danielsimonedit@gmail.com    Blog : http://je-suis-un-lieu-commun-journal-de-daniel-simon.com/

 

 

Ateliers d’écriture- Le récit de voyage

A la Bibliothèque Sésame, 200 Boulevard Lambermont – 1030 Schaerbeek

TRAVERSE asbl

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Carnets de route

Le récit de voyage

Pour jeunes et moins jeunes!

TEXTES/IMAGES
Nous voyageons, nous écrivons, comment partager ces « choses vues » ? Cet Atelier d’écriture explorera les « Carnets de route » où les textes, les collages, les photos, les dessins feront la paire avec les textes si vous le souhaitez…

Le Carnet de route est un moyen de rassembler des « poussières de voyage », de les mettre en forme, de retrouver le fil des émotions, de relier le minuscule au majuscule et d’en faire un lien entre le lecteur et nous…
Cinq jours pour partir et revenir…

Ecritures individuelles, lectures, points de vue, et une surprise: un récit de voyage collectif…Chaque jour, une étape…

Une malle de livres sur le voyage sera disponible..

par : Daniel Simon, écrivain, auteur dramatique, metteur en scène anime des ateliers d’écriture depuis une trentaine d’années en Europe et en Afrique, éditeur.

Dates : lundi 5 août au vendredi 9 août de 14h à 17h

( et un soir à décider à la rentrée pour éditer les textes pour la bibliothèque)

Compte: BE81 0682 1443 7624 TRAVERSE A S B L

Coût : 120 euros (payables en trois fois)

Renseignements: 00.32.477.76.36.22 danielsimonedit@gmail.com

Blog littéraire:

http:// http://je-suis-un-lieu-commun-journal-de-daniel-simon.com/

Blog Editions Traverse:

http://editionstraverse.over-blog.com/

Ecrire court / Ecrire long

Court…

Écrire court serait la norme du temps, le modèle populaire, la jauge de l’époque!

Cela supposerait qu’il y a en l’homme des temps compressibles, de la durée à écraser sous le poids d’autres contingences. Et que nous sommes dans ce temps de compression. Quand on constate le nombre d’ateliers de toutes sortes et d’ateliers d’écriture en particulier, on pourrait penser le contraire.

Écrire court traduirait également un état des lieux de l’homme sous bombardements hystériques d’informations.  Le temps intérieur aurait donc rétréci au profit d’autres activités que certains jugent plus ou moins intelligentes, ou profitables au développement de l’homme.

Écrire court, ce serait aller au plus pressé…Peut-être, dans le cas d’une forme d’écriture « light », de lieux communs compassionnels, de répétions en boucle des mêmes observations et conclusions morales. Il y a, à n’en pas douter, de la Bêtise récurrente dans la plupart des écrits rapides, c’est leur fonction principale: rassembler autour de l’évidence commune et rassurer le lecteur.

Écrire court, une forme de cristallisation? Celle du poème, par exemple,  où on constaterait le même épandage de lieux communs et de petites crispations humanitaires fort adaptées au goût de la tribu sous formes de haïkus plus ou moins bricolés, de poèmes minimalistes où l’écriture souligne l’aporie de la langue et l’anémie du sujet?

Le poème vit probablement un temps historique assez périlleux: tous les moyens techniques permettent la publication immédiate de textes sans qu’aucun appareil critique ne les entoure. La profusion est là aussi signe de métastases. Le sens commun en cette matière a peu de jugement et de goût et Internet nous offre des millions de pages sous toutes formes d’horreurs stylistiques et plastiques. Heureusement les tribus ont leurs Maisons, leurs Revues, leurs Festivals, leurs Rencontres et tous les genres peuvent s’y déployer dans la garantie d’une relative liberté gagnée sur les années 60/70. 

Écrire court, en prose, c’est aussi une façon de saisir ce qui semble banal, normalisé et y débusquer les formes d’humanités souffrantes logées dans une solitude de granite.

Écrire court, c’est enfin résister au flux, à la dispersion, au continuum. Écrire court c’est faire barrage à la logorrhée du temps et enfin sculpter  la langue dans ce qu’elle requiert de plus exigeant: la précision.

Écrire court, probablement, est une façon d’être présent dans  les réseaux, sur la Toile, dans les flux de toutes sortes et de rétablir sans cesse son « actualité « . Le temps long suppose, lui, du papier, de l’édition, de la durée, un certain retrait, une forme de disparition et de l’auteur et du lecteur.

Et cependant, combien de fois n’ais-je entendu cette phrase « Je voudrais écrire un texte long, comment faire? »

 

Long…

 

Écrire long, c’est se donner les moyens d’envisager la fin la plus lointaine, de s’immerger dans un temps inatteignable, de se plonger dans le désaccord amoureux du temps, de se confronter à des questions qui touchent autant à la littérature qu’à la philosophie de vie.

Écrire long, c’est accepter que la fin vienne, définitivement et longuement. C’est se surprendre à quitter le monde et à le regarder « de la place du mort »…

Écrire long renvoie aussi à la mythologie littéraire où l’écrivain pouvait totaliser les connaissances de son époque et les loger dans ses romans-monde. Cette mythologie persiste tant que l’on constate que les plus grands succès de librairie sont souvent des romans longs si ce n’est fleuves…

Écrire, et lire, ces temps suspendus, serait une forme de barrage contre le temps mou, le temps moche, le temps émietté.

Écrire long, c’est aussi une façon de marathon où toutes les qualités de l’écrivain sont requises: sa capacité technique à scénariser son récit, la construction des personnages, l’écho de l’époque, l’inscription d’un sous-texte ample et généreux, un style aux multiples changements de vitesses,…

Écrire long, c’est aussi s’obliger à regarder longuement son sujet, à en appréhender toutes les formes et à les transposer dans le récit-mère.

Cette écriture en long gagne lentement ses adeptes, la lecture en séquences s’avère de plus en plus frustrante dans le temps trépidant du siècle où l’on sait que le bonheur de la lecture n’est pas de découvrir mais de se reconnaître dans l’étrange étrangeté du récit.P1040980

http://je-suis-un-lieu-commun-journal-de-daniel-simon.com/2018/04/ecrire-court/ecrire-long.html

La nacelle du lecteur

 

La nacelle du lecteur est suspendue à quelques nuages, au vent qui les fait rouler dans de vagues étendues en nous et engourdissent le corps. Cette nacelle est un endroit rare dans laquelle le lecteur s’installe enfin dans le privilège de soi.

 

Dans la lecture, des nuées de personnages, des bruissements, de lointains échos, des chuchotements, des scènes entières amorcées par un  singulier assemblage de mots lèvent en lui, se calment, se roulent en boule dans le creux de l’instant, dans la vague rencontre qui se construit page après page, pour muer en intimité avec ce temps fabriqué.

 

Phrases après phrases, la fiction enlace le lecteur dans des allers-retours du paysage entrevu par la fenêtre du wagon aux secousses du train. Advient alors  le miraculeux mêlement de ces temps confondus.

 

Lire c’est confronter en soi des durées, découpées en lamelles d’absence et de présence; cette lecture enseigne à vivre et  à mourir, successivement, infiniment.

 

 

 

Peinture: Albert Marquet