La nacelle du lecteur est suspendue à quelques nuages, au vent qui les fait rouler dans de vagues étendues en nous et engourdissent le corps. Cette nacelle est un endroit rare dans laquelle le lecteur s’installe enfin dans le privilège de soi.

 

Dans la lecture, des nuées de personnages, des bruissements, de lointains échos, des chuchotements, des scènes entières amorcées par un  singulier assemblage de mots lèvent en lui, se calment, se roulent en boule dans le creux de l’instant, dans la vague rencontre qui se construit page après page, pour muer en intimité avec ce temps fabriqué.

 

Phrases après phrases, la fiction enlace le lecteur dans des allers-retours du paysage entrevu par la fenêtre du wagon aux secousses du train. Advient alors  le miraculeux mêlement de ces temps confondus.

 

Lire c’est confronter en soi des durées, découpées en lamelles d’absence et de présence; cette lecture enseigne à vivre et  à mourir, successivement, infiniment.

 

 

 

Peinture: Albert Marquet

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