dsc_0223-300x300

 

Photo: Helder Wasterlain

(Plus de trente années d’expérience dans le domaine, plusieurs publications, des dizaines le livres accompagnés, des centaines de Récits non publiés et menés à terme pour l’auteur(e)…) 

« On ne peut communiquer une expérience sans raconter une histoire »

Walter Benjamin

Ecrire un Récit de vie suppose de laisser émerger souvenirs, faits, dates, circonstances et d’accorder ces événements dans le sens d’une « histoire », la nôtre. On pourrait dire que le récit de vie tente de rassembler « les » histoires d’une même personne : histoire familiale, amoureuse, professionnelle,…

Ces histoires se profilent dans la matière du récit. Ce n’est pas la fiction qui est en jeu mais la tentative de ne pas faire de fiction…

Le projet est évidemment presqu’impossible : toute écriture est une représentation, donc une fiction aussi minimale soit-elle.

Ecrire un Récit de vie, c’est donc accepter de raconter une vie qui aura « infusé » dans la mémoire (la nôtre et celle des autres) et d’en reconnaître les signes forts tout au long d’une chimie étrange qui s’appelle l’écriture…

Le Récit de vie se situe dans un lieu au croisement de multiples chemins ou positions d’observation: la mémoire affective et collective, le souci de soi et de la reconnaissance de son identité, le désir de « révéler » (dans le sens photographique…) son expérience, son aventure humaine.

Le Récit de vie est avant tout un récit, c’est-à-dire une histoire relatant une expérience et se développant dans un espace et un temps choisis par l’auteur. Ces temps et espaces vont varier tout le long des péripéties mais l’auteur veillera en permanence en ne pas perdre de vue le socle de sa narration.

D’où parle-t-il ? De quel endroit du souvenir ? A quelle hauteur place-t-il son regard ? Surplomb, hauteur d’homme, contre-plongée, sont des hauteurs de regard et de mémoire qu’il convient de vérifier continuellement.

Le Récit de vie traverse de la géographie et fore de l’histoire dans cet espace horizontal. Il y a là un véritable croisement de mondes à laisser entendre au lecteur ? C’est de ce croisement que le récit de vie s’empare : il se nourrit d’un paysage, d’un mouvement, d’une traversée, d’un balayage pour faire écho d’un tremblement de perception, pour laisser apparaître ce que la vue ressuscite, pour dresser un état des lieux d’une remémoration de quelque chose de vue et de déjà vu…

Le Récit de vie fait surgir de l’intime du grandiose, laisse apparaître le singulier dans la surface des choses, extrait l’instant de la cristallisation des lieux. Il fait entrevoir ce qui existe au-delà de nous et nous construit dans cette reconnaissance…

 

(Les trois étapes de l’écriture d’un récit de vie)

–          Préfiguration du récit dans l’expérience temporelle vécue

–          Configuration de l’expérience vécue par la narration. La mise en intrigue

–          Refiguration de l’expérience par l’acte de lecture

(Paul Ricoeur, Temps et Récit)

 

 

Ca ne va pas de soi

Ca ne va pas de soi, tout ça : se rassembler, écrire, ensemble ou pas, s’inquiéter de ce qui sera dit et n’est peut-être pas compris…

Ca ne va pas de soi cette entreprise de creusement, cette carrière à ciel ouvert que devient vite un travail d’écriture.

Ca ne va pas de soi, mais alors, pas du tout.

Ecrire, c’est, vaguement, faire quelque chose qu’on n’attend pas de nous, qui se fait presque en fraude, dans le retrait, là où la parole n’a pas nécessairement accès, dans l’entre-deux, au rythme d’un entendement lointain, les yeux tombés à l’intérieur, en souvenir de ce qui s’est passé, souvent à notre insu, crypté dans une mémoire en acier trempé, obstinée à ne nous livrer des cristaux alors qu’on rêve de fumée, ou l’inverse. Rétive la mémoire, alors faut l’aider, remplir des trous, en creuser ailleurs, faire comme si et traquer le réel, l’effet de réel, pour s’y retrouver et perdre un peu de sa morve, sa raisonnable morve de parleur et de raconteur…

Ca ne va pas de soi, donc.

Alors, le retrait, la distance entre le bruit du dehors et le bruissement dedans, ça se fait dans un temps décidé, le temps de l’écriture..

Un Accompagnement d’écriture, ça aide peut-être à ça, à tout ça, …

 

Daniel Simon

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s